Etoile d’Or #3

9 mars

Un mois… Vingt-huit jours… Six cents soixante-douze heures… Qu’est-ce que c’est censé représenter par rapport à « toute » une vie… Mes premiers souvenirs, mes premiers fous rires, mes premières bêtises, mes premiers secrets, mes premiers projets d’avenir… Ma première et plus longue amitié… On me dit de tenir le coup, mais personne ne me dit comment. On me parle de temps, mais qu’est-ce que c’est cette notion de temps ? Me parler de temps alors que je ne saurais dire si j’ai l’impression que ça fait un an, ou si c’était hier… Un mois que je vis hors du temps, ailleurs, sur une autre planète, dans un autre monde… Alors de quoi parlons nous ? Un mois, un an, dis ans ? Comment peut-on parler de temps ou penser que le temps fera quelque chose lorsque c’est 19 ans de sa vie qui s’en va, lorsque c’est la personne avec qui on a grandi, avec qui on s’est construit, qui a contribué à ce que vous êtes aujourd’hui, qui n’est plus là… Comment peut-on penser que le temps fera quelque chose ? Si aucun mot ne peut définir ce que je ressens, aucun mot ne pourra me dire quand ou comment j’irai mieux… D’ailleurs, qu’est-ce que je ressens ? De la tristesse, de la colère, de l’incompréhension, de la culpabilité, de la peine, de l’impuissance, de l’anéantissement… Rien. On me parle du malheur des autres, pensant que ça me fera relativiser… Mais aujourd’hui, c’est comme si plus rien ne m’atteignait. Joies comme peines, comme si plus rien n’avait de réelle importance. Comme si le fait de savoir que je ne les partagerais plus jamais avec elle, m’enlevait tout plaisir de les faire, de les vivre, de les ressentir… Genre, « à quoi ça sert, puisque tu n’es plus là »…

Un commentaire sur “Etoile d’Or #3”

  1. Alice dit :

    Malheureusement, je suis passée par cette douloureuse épreuve, et aucun mot ne peut être assez précis pour définir l’état secondaire dans lequel on peut être plongé.

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